Abolir la grande pauvreté 01/07/2021


ABOLIR LA GRANDE PAUVRETÉ
C’EST BIEN LE MINIMUM… !

  • QUE NOUS LEUR DEVONS
  • QUE NOUS NOUS DEVONS
  • QUE NOUS PUISSIONS
  • QUE NOUS POUVONS
  • « Unique » À INSTAURER

  • Mais d’abord quelques CHIFFRES pour notre HONTE :
    0,1 %, c’est la dernière augmentation du RSA (aussi appelé maintenant Prime d’Activité),
    50 centimes, c’est ce ce que pèse cette augmentation chaque mois dans la poche des titulaires de ce revenu indécent.
    565,34 euros
    après la revalorisation, mais avant la ponction du forfait logement d’un montant minimum de 67, 84 euros… donc en fait le RSA est toujours inférieur à 500 euros.
    1er avril,
    c’est la date de la revalorisation, mais ce n’est pas un poisson.
    1er juillet, c’était la date du nouveau poisson d’avril, la réforme de l’assurance chômage, mais il était trop « gros », le Conseil d’État l’a retoqué.
    5 millions de personnes victimes de grande pauvreté.
    10 millions de personnes pauvres.
  • et une DÉFINITION :
    Pour mettre en avant les deux derniers chiffres, il a bien fallu retenir une définition, une limite. C’est l’union européenne qui a retenu le seuil de 60% du revenu médian pour considérer que ceux qui disposent de moins que ce seuil sont pauvres. Avec l’Observatoire des inégalité je retiens le seuil de 50% du revenu médian pour définir la grande pauvreté, soit environ 850 euros aujourd’hui. Aux arguments contre la définition financière de la pauvreté, il nous faut opposer un refus ferme de discriminer plus encore les pauvres en leur refusant ce qui est pour nous tous la mesure de notre pouvoir, et pas que d’achat. Ne pas disposer de monnaies est, dans la société qui est la notre, se voir fermer toutes les portes.
  • Pourquoi parler d’ABOLITION et l’exiger ? Pourquoi une Loi ?
    Parce-ce que dans nos sociétés modernes, sociétés de consommation, la grande pauvreté et l’équivalent de l’esclavage dans d’autres sociétés. L’accepter, « faire avec », reviens à entériner la coupure de l’humanité en deux, à tolérer que des humains soient moins que d’autres, radicalement moins.
  • UN MINIMUM QUE NOUS LEUR DEVONS.
    À l’insupportable discours sur les devoirs des soi-disants assistés, opposons nos devoirs de citoyens, les devoirs de nos sociétés riches et à prétention démocratique, les devoirs des institutions.
  • UN MINIMUM QUE NOUS NOUS DEVONS.
    Ce n’est pas qu’aux « pauvres » que nous devons une grande loi proclamant et organisant l’abolition de la grande pauvreté, c’est chacun de nous qui en sortirait grandi·e . La misère sape l’humanité de chacun de nous et fragilise notre société.
  • LE MINIMUM QUE NOUS PUISSIONS.
    Engager cette bataille est biens le moindre que nous puissions faire. C’est à ce prix que la politique pourrait retrouver ses lettres de noblesse. Cela pourrait être le début de la reconstruction d’une Gauche porteuse de concret et d’espérance.
  • UN MINIMUM QUE NOUS POUVONS.
    Malgré tous ces discours défaitistes, qui veulent renvoyer l’humanité à une soi-disant nature mauvaise et égoïste, nous croyons possible une humanité plus ouverte, plus généreuse. Les mêmes qui nous parle presque de déménager sur mars, qui rêve d’une humanité « augmentée » veulent faire passer notre rêve d’un pays, puis d’une planète sans misère pour une utopie. C’est possible, il suffit d’un peu de volonté. Il suffit de croire au pouvoir de la politique. Surtout quand le coût d’une telle mesure n’atteint pas la hauteur des cadeaux fait aux plus riches sous le quinquennat qui se termine.
  • UN REVENU MINIMUM « Unique » À INSTAURER.
    L’article 1 de la grande loi que nous voulons bâtir et faire adopter, commencerait ainsi : « Chaque individu résident en France âgé de 18 ans a droit, à titre individuel, à un revenu au moins égal à 50% du revenu médian, sous forme d’une prestation égale à ce montant (pour ceux·elles ne disposant d’aucun revenu, ou à la différence entre leurs revenus et ce minimum ainsi défini). Ce dispositif ne remplace aucun des dispositifs de protection sociale existants. La loi fixe comme objectif aux services de l’État, de la Sécu et aux associations la disparition de la nécessité individuelle de cette prestation en travaillant à intégrer ses bénéficiaires à d’autres dispositifs, notamment l’emploi. De même, elle leur fixe l’objectif de rendre résiduelle cette prestation, qui à terme ne devrait avoir d’utilité que pour les nouveaux entrants dans notre pays.  »

Une précision est sans doute nécessaire, pourquoi « à titre individuel » ? À ce jour les montants des minimas sociaux sont le plus souvent dépendants de la situation conjugale ou familiale, ceci a pour effet de mettre en cause l’autonomie des femmes et des jeunes. Sur ce point, je diverge avec les responsables de l’Observatoire des inégalités, qui propose un montant diminué pour les personnes vivant en couple. Le débat a eu lieu récemment à propos de l’Allocation Adulte Handicapée au parlement, les élus LREM ont bloquée cette réforme si nécessaire.

Lettre ouverte aux députés de gauche :

Mesdames, Messieurs les député·e·s des groupes Gauche Démocrate et Républicaine, La France Insoumise, Socialistes et apparentés,

le 6 mai 2021 vous avez ensemble défendu un projet de loi, porté par LFI, pour l’ouverture du droit au RSA pour les jeunes de 18 à 25 ans. Je veux attirer votre attention sur le fait qu’il m’est apparu choquant, après que plusieurs d’entre vous aient déclaré qu’on ne pouvait « vivre décemment » avec le montant du RSA, vous en proposiez son extension en direction de la jeunesse entrant dans la vie adulte. Le jeune adulte doit pouvoir disposer, tout comme ses aînés d’un revenu lui permettant de vivre décemment.

Je vous adresse et vous dédie ce petit, mais ambitieux texte publié le 1er juillet sur mon blog et sur ma page Facebook. Il vise rien moins qu’à proposer un cadre pour que la gauche joue pleinement son rôle de défenseur des plus pauvres et retrouve l’ambition de faire gagner l’aspiration à plus d’égalité et de solidarité dans notre pays.

Recevez l’assurance de ma considération républicaine et sociale,
en espérant toute votre attention aux lignes qui suivent et dans l’attente de vos réactions.

Lettre au courrier des lecteurs d’Alternatives Économiques :

dans votre magazine n° 471 du mois d’avril 2021, vous organisez un débat très intéressant entre Louis Maurin, Directeur de l’Observatoire des inégalités, et Tom Chevalier, Chargé de recherche au CNRS, sur le thème « Que faire face à la précarité des jeunes ? ».
Il me semble que la contradiction dans cet article n’est pas entre les deux chercheurs, mais entre leurs réflexions argumentées sur le fond de la question et la recherche d’un consensus autour de mesures aux effets peu probables, à commencer par l’accession des jeunes de 18-25 ans au RSA… dont Louis Maurin dit, parlant de l’exécutif, que « penser qu’on peut vivre décemment avec 564 euros par mois… démontre la déconnexion » (d’avec la réalité).

La piste la plus intéressante avancée dans ce débat est celle de la rupture avec la manière française de considérer les jeunes de 18-25 ans comme des enfants. Si au contraire, imitant en cela les pays nordiques, nous nous décidions à faire de l’âge de 18 ans celui de la majorité sociale en même temps que civique, la question se poserait tout autrement. Et Louis Maurin pourrait reprendre sa proposition de RMU d’un montant de 860 euros par mois dès 18 ans, qu’il oublie totalement dans ce débat, plutôt que de s’aventurer à rechercher un compromis sur la fausse piste du RSA étendue aux jeunes.

Dans le même esprit le débat sur les bourses étudiantes est éclairant. Louis Maurin affirme à très juste titre que leur niveau est scandaleusement bas, obligeant les étudiants à multiplier « les petits boulots ». Il sait et il explique que ce sont les prestations ciblées qui sont les plus facilement fragilisées et donc les plus basses… mais il refuse qu’elles soient généralisées. Avant 18 ans il faut oser réclamer la généralisation des bourses pour trouver des alliées chez les parents aisés pour en demander l’augmentation… et à partir de 18 ans les étudiants comme les autres jeunes doivent bénéficier du RMU. Je trouve la conclusion de Tom Chevalier particulièrement juste : « il faut un système… dans lequel un individu qui fête ses 18 ans devient un adulte point final », je la fais mienne.

J’adresse à messieurs Maurin et Chevalier, ainsi qu’aux collaborateurs d’Alternatives économiques, mes salutations les plus respectueuses et cordiales, ainsi qu’un immense merci pour l’ensemble de leurs travaux.