{"id":62,"date":"2017-10-08T10:27:45","date_gmt":"2017-10-08T08:27:45","guid":{"rendered":"http:\/\/laviecommence.fr\/?p=62"},"modified":"2023-11-14T17:01:33","modified_gmt":"2023-11-14T16:01:33","slug":"1-comment-la-vieillesse-mest-tombe-dessus","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/laviecommence.fr\/index.php\/2017\/10\/08\/1-comment-la-vieillesse-mest-tombe-dessus\/","title":{"rendered":"1\/ Comment la vieillesse m&rsquo;est tomb\u00e9e dessus"},"content":{"rendered":"<h1 style=\"text-align: center;\"><strong><br \/><\/strong><b>La vie commence\u00a0 &#8211; 2<br \/><\/b>LA CAUSE DES VIEUX\u00a0<\/h1>\n<h3>\u00a0<\/h3>\n<p style=\"text-align: right;\">\u00ab\u00a0Les humains ne sont pas n\u00e9s pour mourir, mais pour innover\u00a0\u00bb<br \/><span style=\"font-size: 1rem;\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 Hannah Arendt<\/span><\/p>\n<h1>\u00a0<\/h1>\n<h3 class=\"p1\"><span class=\"s1\">1\/ comment la vieillesse m\u2019est tomb\u00e9e dessus<\/span><\/h3>\n<p class=\"p2\"><span class=\"s1\">Je n\u2019avais que 58 ans, je me noyais dans ma vie professionnelle. J\u2019avais la conscience aigu\u00eb de l\u2019absence de perspective dans mon travail. J\u2019allais bient\u00f4t avoir 60 ans, j\u2019allais bient\u00f4t \u00eatre \u00e0 la retraite. J\u2019\u00e9tais un homme vieux, un homme foutu. C\u2019\u00e9tait une \u00e9vidence pour moi. Soixante ans, la retraite, ce chiffre et ce mot sonnaient comme la mort qui s\u2019approche, le vide qui vient.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\">Ce n\u2019est sans doute pas par hasard si \u00e0 quelques jours de mon 59i\u00e9me anniversaire je fus transf\u00e9r\u00e9 en urgence au CHU de Besan\u00e7on, mon coeur s\u2019arr\u00eata deux fois de battre. Bien s\u00fbr ce jour-l\u00e0, le 9 d\u00e9cembre 2010, la rivi\u00e8re devant chez moi a d\u00e9bord\u00e9. Pour moi c\u2019\u00e9tait surtout ma col\u00e8re qui d\u00e9bordait contre tout ce qui m\u2019emp\u00eachait de vivre.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\">Revenu \u00e0 la vie, au soleil, \u00e0 l\u2019amour (du moins je le croyais)\u2026 dans ma chambre d\u2019h\u00f4pital, dans la ville qui m\u2019a vu na\u00eetre au monde \u00e0 la fin des ann\u00e9es 60 (Besan\u00e7on), en regardant un beau paysage d\u2019hiver, je me jurais de ne plus jamais me laisser aller.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\">Les serments de l\u2019euphorie, m\u00eame celle du retour \u00e0 la vie, ne durent pas longtemps. J\u2019ai replong\u00e9 dans l\u2019enfer de ma CAF et de l\u2019\u00e9tat de \u00ab\u00a0ma vie\u00a0\u00bb. Je me suis cogn\u00e9 contre les murs, j\u2019ai, presque, voulu mourir.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\">La crise professionnelle que je traversais alors se doublait d\u2019une inattendue crise de perspective. Je n\u2019avais jamais envisag\u00e9 ce que je ferais apr\u00e8s la vie professionnelle, la retraite pour moi c\u2019\u00e9tait l\u2019affaire des \u00ab\u00a0vieux\u00a0\u00bb et des travailleurs qui s\u2019emmerdent ou qui souffrent au boulot, je n\u2019en \u00e9tais pas. Je ne comprends que depuis peu \u00e0 quel point tout mon \u00eatre se crispait pour dire \u00ab\u00a0je ne suis pas vieux\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0je ne veux pas que \u00e7a finisse\u00a0\u00bb. Cet aveu que je me suis fait difficilement, en dit long sur l\u2019ancrage en moi de l\u2019\u00e2gisme qui me faisait percevoir les vieux comme hors-jeu, dans l\u2019attente de la mort. Cela en dit long sur mon absence de r\u00e9flexion sur ce sujet, faut dire que mes organisations syndicale et politique ne mettaient gu\u00e8re ce sujet \u00e0 leurs ordres du jour\u2026 Mais nous avons les organisations que nous m\u00e9ritons. Nos r\u00e9flexions n\u2019\u00e9taient pas en avance sur celles de la soci\u00e9t\u00e9 dans son ensemble. Qu\u2019allions-nous faire apr\u00e8s ? Nous reposer \u2026 perspective un peu courte pour faire face \u00e0 l\u2019allongement de l\u2019esp\u00e9rance de vie, surtout de la vie en bonne sant\u00e9. Nous occuper des petits enfants \u2026 perspective\u00a0\u00ab\u00a0p\u00e9p\u00e8re\u00a0\u00bb pour les aventuriers que nous avions \u00e9t\u00e9 et de plus, souvent, les mauvais p\u00e8res et m\u00eame m\u00e8res. De plus mes petits enfants sont dans ce sud inaccessible\u00a0pour un retrait\u00e9 d\u00e9sargent\u00e9.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\">\u00c0 60 ans la retraite n\u2019\u00e9tait pas au rendez-vous, l\u2019\u00e2ge du \u00ab\u00a0droit a\u00a0\u00bb avait d\u00e9j\u00e0 recul\u00e9, des d\u00e9faites \u00e9taient pass\u00e9es par l\u00e0. C\u2019\u00e9tait aussi l\u2019heure d\u2019un bilan pour chacun d\u2019entre nous, nous n\u2019y \u00e9tions pas pr\u00e9par\u00e9s. Pas plus pr\u00e9par\u00e9s pour un bilan collectif, dispers\u00e9 que nous \u00e9tions dans les cent courants d\u2019une gauche \u00e9miett\u00e9e et fatigu\u00e9e. L\u2019horizon se rapprochait dangereusement. Il me semblait plus que jamais que l\u2019\u00e2ge de la retraite marquait la fin de la vie, de ma vie.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\">Mais je n\u2019avais pas fini de vieillir.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\">Je savais par mes lectures, par mes rencontres que souvent la vieillesse appara\u00eet aux individus par le regard des autres,\u00a0 je l\u2019ai appris \u00e0 mes d\u00e9pens que r\u00e9cemment. Jusqu\u2019\u00e0 64 ans, la vieillesse \u00e9pargnait l\u2019image que je me faisais de moi malgr\u00e9 les moqueries perfides de mon fils, lucidit\u00e9 de sa part et pr\u00e9tention de la mienne.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\">Une fois \u00e0 la retraite, \u00e0 61 ans, le vieillissement, la maladie qui parfois l\u2019accompagne, allait continuer rapidement. Un peu moins de quatre ans plus tard j\u2019\u00e9tais \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de Lure, incapable de marcher, m\u00eame de m\u2019asseoir tout seul, en provenance du service de neurologie o\u00f9 m\u2019avait conduit une consommation insens\u00e9e d\u2019alcool. Comme on dit, \u00e7a fait r\u00e9fl\u00e9chir. Une \u00e9vidence, comme une clart\u00e9 au bout du tunnel, m\u2019est apparue : ce n\u2019est pas la vieillesse qui m\u2019est tomb\u00e9 dessus, c\u2019est moi qui suis tomb\u00e9.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\">Le vieillissement, c\u2019est autre chose, c\u2019est lent. Bien s\u00fbr il peut y avoir la maladie, des maladies, des accidents. Mais en fait \u00e7a commence t\u00f4t, c\u2019est l\u2019accumulation des faits de vie, \u00e7a peut aussi nous arriver par le regard des autres, par ce que nous n\u2019arrivons plus \u00e0 faire. Le vieillissement est consubstantiel \u00e0 la vie, c\u2019est un processus. Le vieillissement a aussi un versant solaire, la vie continue. \u00c0 condition d\u2019aborder les \u00e9tapes autrement qu\u2019\u00e0 reculons.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\">Pour parler de ma vie apr\u00e8s 60 ans et de ma vieillesse, pour comprendre comment j\u2019en suis arriv\u00e9 l\u00e0, il me faut remonter le temps. Il me faut essayer de comprendre comment le vieillissement a fait irruption dans mon existence.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\">Je pourrais remonter \u00e0 la \u00ab\u00a0catastrophe\u00a0\u00bb de mon 18\u00b0 anniversaire. J\u2019\u00e9tais plus vieux que Rimbaud dans un po\u00e8me c\u00e9l\u00e8bre et je n\u2019avais rien \u00e9crit qui vaille, ni v\u00e9cu. Faut dire que c\u2019\u00e9tait la fin de l\u2019ann\u00e9e 1969, ann\u00e9e si peu \u00ab\u00a0\u00e9rotique\u00a0\u00bb (pour moi en particulier, puceau ignorant) qui voyait s\u2019estomper les feux de 1968. Je me sentais pour la premi\u00e8re fois effroyablement vieux. Une orgie de p\u00e2tisseries, une gueule de bois suffirent \u00e0 faire passer l\u2019angoisse. L\u2019effroi fut donc de courte dur\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\">Ce n\u2019est qu\u2019\u00e0 l\u2019approche de mon quaranti\u00e8me anniversaire, que la \u00ab\u00a0pr\u00e9carit\u00e9\u00a0\u00bb de la vie se rappela \u00e0 moi, la m\u00e9decine du travail (par chance celle de la CPAM de Marseille \u00e9tait \u00ab\u00a0exceptionnellement\u00a0\u00bb \u00e9quip\u00e9e), d\u00e9celant pour la deuxi\u00e8me ann\u00e9e cons\u00e9cutive une anomalie sur le trac\u00e9 de mon \u00e9lectrocardiogramme m\u2019obligea \u00e0 consulter m\u00e9decin et m\u00e9decins sp\u00e9cialistes. Il n\u2019y a pas que le trac\u00e9 de mon \u00e9lectro qui \u00e9tait anormal, un d\u00e9faut de mon coeur, dont je ne me rappelle pas le nom, annon\u00e7ait la probabilit\u00e9 d\u2019un infarctus, que deux maladies chroniques (diab\u00e8te et hypertension) d\u00e9couvertes dans la \u00ab\u00a0foul\u00e9e\u00a0\u00bb pr\u00e9paraient. Ces diagnostics, le suivi des traitements m\u00e9dicamenteux et, en partie, des conseils du cardiologue m\u2019\u00e9vit\u00e8rent l\u2019infarctus de la quarantaine.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\">Le cardiologue s\u2019appelait Amor, \u00e7a ne s\u2019invente pas, et la partie de ses conseils que j\u2019ai suivis gr\u00e2ce \u00e0 une Dame que je venais de rencontrer et de suivre \u00e9tait : \u00ab\u00a0il vous faut beaucoup d\u2019amour\u00a0\u00bb. La deuxi\u00e8me partie, temp\u00e9rance et exercice, fut moins scrupuleusement suivie, c\u2019est un euph\u00e9misme.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\">De cette alerte il me resta une peine, celle de ne plus pouvoir jouer au football, m\u00eame pas avec des gamins, bient\u00f4t mon essoufflement au bout de deux ou trois courses me le d\u00e9montra cruellement. Ce fut la deuxi\u00e8me marque du temps dans ma vie.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\">La premi\u00e8re marque du temps avait \u00e9t\u00e9 l\u2019acquisition de ma premi\u00e8re paire de lunettes. Mais comme c\u2019\u00e9tait pour pr\u00e9parer le cours des cadres de la S\u00e9cu, je ne le pris pas mal,\u00a0 j\u2019aimais m\u00eame le petit air intellectuel qu\u2019elles me donnaient.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\">L\u2019autre rencontre, brutale celle-l\u00e0, avec le temps qui passe, avec la r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019\u00e2ge, je la dois aux difficult\u00e9s rencontr\u00e9es \u00e0 partir du 2 novembre 2006 dans mes responsabilit\u00e9s professionnelles. \u00c0 cette date un nouveau Directeur fut nomm\u00e9 \u00e0 la t\u00eate de l\u2019organisme de S\u00e9cu\u00a0o\u00f9 je travaillais. Formellement j\u2019\u00e9tais son adjoint, il allait devenir mon tortionnaire, celui qui allait m\u2019enfermer dans un placard et me r\u00e9v\u00e9ler toute l\u2019absurdit\u00e9 gestionnaire qui d\u00e9truisait notre S\u00e9curit\u00e9 sociale. En m\u00eame temps que je m\u2019enfon\u00e7ais dans ma crise professionnelle, bien s\u00fbr ma sant\u00e9 se d\u00e9gradait, mon couple aussi et \u2026 les 60 ans s\u2019approchaient. Il me semblait que l\u2019avenir se r\u00e9tr\u00e9cissait au point de bient\u00f4t devoir dispara\u00eetre. Je me r\u00e9p\u00e8te, mais je n\u2019en suis pas encore revenu de cet \u00e9tat de sid\u00e9ration qui fut le mien.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\">Pour la premi\u00e8re fois, la \u00ab\u00a0vieillesse\u00a0\u00bb, l\u2019avanc\u00e9e en \u00e2ge si vous pr\u00e9f\u00e9rez se manifestait en moi autrement que par l\u2019usure de mon corps. Un peu plus tard, un mot entrait dans ma t\u00eate, d\u00e9pression. Comme \u00ab\u00a0vieillesse\u00a0\u00bb, ce mot ne pouvait concerner que les autres, il me fallut du temps pour admettre que je devais me soigner.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\">Corps ou esprit, ne s\u2019agissait-il pas plut\u00f4t de l\u2019emprise de la maladie que de l\u2019\u00e2ge ? Certes, mais vous conviendrez qu\u2019avec l\u2019\u00e2ge, les \u00ab\u00a0chances\u00a0\u00bb d\u2019\u00eatre \u00ab\u00a0rattrap\u00e9\u00a0\u00bb par la maladie s\u2019\u00e9l\u00e8vent. Les plus \u00ab\u00a0moralistes\u00a0\u00bb d\u2019entre vous pointeront \u00e9galement que je ne suis pas pour rien dans mes maladies, j\u2019en conviens \u2026 et je n\u2019ai pas encore parl\u00e9 de mon alcoolisme. Alcoolisme sans guillemet, ma manie de mettre des guillemets partout, pour nuancer ou interroger les mots que j\u2019utilise n\u2019a pas sa place ici. Pourtant, il me faudra approcher mon 65e anniversaire pour accepter de me dire malade d\u2019alcoolisme, alors que j\u2019ai contract\u00e9 cette maladie \u00e0 18 ans. Mais pour l\u2019alcoolique aussi l\u2019\u00e2ge est dur \u00e0 porter, en vieillissant la maladie s\u2019aggrave, le corps s\u2019use, il encaisse moins bien. Je supportais moins bien l\u2019alcool et j\u2019en redemandais quand m\u00eame, j\u2019\u00e9tais plus souvent \u00ab\u00a0malade\u00a0\u00bb, je m\u2019endormais plus vite. Mais je me croyais le plus fort ou je jouais avec l\u2019id\u00e9e d\u2019en finir, avec l\u2019alcool\u2026 avec la vie, c\u2019\u00e9tait selon, ou pas.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\">L\u2019alcool me faisait tomber au milieu de ma soixante-quatri\u00e8me ann\u00e9e. D\u2019abord hospitalis\u00e9 en neurologie, puis en soins de suite \u00e0 Lure j\u2019ai v\u00e9cu en acc\u00e9l\u00e9r\u00e9, et heureusement \u00e0 l\u2019envers, certaines \u00e9tapes de la perte de mes moyens.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\">D\u2019abord je ne pouvais plus m\u00eame tenir assis, puis le d\u00e9ambulateur me fut indispensable, quand je r\u00e9ussis \u00e0 remarcher, parfois mes jambes ne m\u2019ob\u00e9issaient plus. \u00c0 la sortie de l\u2019h\u00f4pital, je trouvais la paire de chaussures orthop\u00e9diques d\u00e9j\u00e0 programm\u00e9e avant cet \u00e9pisode et je sortais sur mes jambes. J\u2019ai mis un terme \u00e0 ma consommation d\u2019alcool, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019\u00e9quipe de \u00ab l\u2019h\u00f4pital de jour en addictologie \u00bb qui exer\u00e7ait au sein de l&rsquo;h\u00f4pital de Lure. J\u2019en reparle plus loin au chapitre 6\u2026 et j\u2019en reparlerais souvent, merci \u00e0 eux.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\">Je n\u2019en avais pas fini pour autant avec les signes ext\u00e9rieurs de la vieillesse et le poids bien concret de quelques handicaps. Du pied \u00e0 la jambe, au rachis et sans doute au cerveau mes probl\u00e8mes de marche connurent des bas, puis des mieux. J\u2019en gardais une canne, quelques probl\u00e8mes d\u2019\u00e9quilibre. Il y a pire que le miroir, mon ombre m\u2019a pris par surprise le jour o\u00f9 je me vis appuy\u00e9 sur ma canne, un peu trop pench\u00e9e (je me suis vite redress\u00e9), avec ce qui reste de mon ventre (bien rond), avec ma casquette et mon \u00e9quilibre instable, j\u2019ai compris que je ne ferais plus le joli coeur. De m\u00eame quand un automobiliste , alors que j\u2019en suis encore \u00e0 m\u2019approcher d\u2019un passage prot\u00e9g\u00e9, ralenti, s\u2019arr\u00eate et me fait signe de passer\u2026 je ne peux m\u2019emp\u00eacher de me dire \u00ab\u00a0\u00e7a se voit que tu es vieux\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\">Si je fais plus \u00ab\u00a0vieux\u00a0\u00bb que bien des personnes de mon \u00e2ge, c\u2019est sans doute que je n\u2019ai pas su \u00ab\u00a0bien vieillir\u00a0\u00bb, comme disent les conseilleurs et les marchands. J\u2019assume, mais j\u2019ai v\u00e9cu, et souvent bien. J\u2019ai fait mon lot d\u2019erreurs, peut-\u00eatre plus, mais je ne me suis pas ennuy\u00e9, je ne me suis pas r\u00e9sign\u00e9 et je continue. La suite de l\u2019histoire de mon vieillissement, c\u2019est pour apr\u00e8s la fin de ce texte. Je veux que le temps suspende son vol, au moins pour le temps de sa r\u00e9daction. Il ne m\u2019\u00e9coutera pas ce salaud. Tant pis, la vie continue. S\u2019il y a bien une maladie dont on ne gu\u00e9rit pas, c\u2019est la vie. L\u2019autre nom de la vie qui dure, c\u2019est la vieillesse. C\u2019est pourquoi il nous faut ch\u00e9rir la vieillesse et rester fiers de vivre, fiers d\u2019\u00eatre vieux\u2026 mais la retraite !<\/span><\/p>\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La vie commence\u00a0 &#8211; 2LA CAUSE DES VIEUX\u00a0 \u00a0 \u00ab\u00a0Les humains ne sont pas n\u00e9s pour mourir, mais pour innover\u00a0\u00bb\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 Hannah Arendt \u00a0 1\/ comment la vieillesse m\u2019est tomb\u00e9e dessus Je n\u2019avais que 58 ans, je me noyais dans ma vie professionnelle. 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